Café Vanille

Cédric Marchant nous a accueilli dans une de ses trois boulangeries pâtisseries « Café Vanille » pour nous raconter son parcours et nous parler de ses activités. Suite à un séjour au Laos il y a 15 ans, Cédric a décidé de quitter la région parisienne pour poser bagage à Vientiane. Avec un CAP boulanger en poche, il décida de vivre de sa passion au Laos.

La facilité d’entreprendre et le peu de concurrence dans son domaine ont permis à Cédric de se développer rapidement et d’ouvrir sa première entreprise : Le banneton. Ce restaurant/boulangerie français lui a permis de prendre ses marques en commençant à petite échelle tout en testant l’impact de ses produits sur la clientèle laotienne.
Le restaurant, situé en plein cœur du quartier historique et touristique de la capitale, permet de toucher à la fois des clients locaux et les touristes.  

Aujourd’hui Cédric possède en plus du Banneton, le « Café Vanilla » et « le petit Café Vanilla » en centre-ville. Concernant l’offre, il a remarqué qu’il ne pouvait pas produire de gros volumes et a donc dû s’adapter et se diversifier. Il distribue par exemple ses produits dans les petits supermarchés (7 eleven ou mini mart) et récupère les invendus afin de les réutiliser dans la confection d’autres produits

Etant associé avec sa femme qui est laotienne, il n’a pas eu à résoudre la problématique de trouver un partenaire local. En plus de simplifier le processus de création juridique de l’entreprise, son épouse s’occupe des relations avec les organismes locaux, de l’administratif, du juridique et des relations avec les employés. Le fait de choisir un associé local fiable est primordial pour le bon fonctionnement de l’entreprise. Il faut savoir que la plupart des expatriés rachètent les parts de ces derniers après la création de la société.
Si un français souhaite créer une entreprise commerciale il lui faut contacter la préfecture locale qui l’aiguillera en fonction de l’activité. Concernant la rédaction des statuts juridiques, il faut passer par un cabinet d’avocat et faire appel à un prête nom.

Cédric et sa femme emploient au total, dans les trois boutiques restaurants, 25 salariés laotiens. La quasi-totalité du personnel et leur famille est logée gratuitement et les employés sont payés deux fois plus que la salaire moyen au Laos (qui est de 150 euros par mois). En plus de ces avantages monétaires, ces derniers ont le droit de prendre trois semaines de vacance contre une semaine en temps normal.

Du côté management, le plus difficile est de garder les employés que l’on a formés. En effet, Cédric se consacre principalement à la gestion des différentes entreprises et ne fait presque plus le pain lui-même. Par chance les métiers manuels se transmettent facilement et même avec la barrière de la langue. Son rôle est de former correctement les principaux apprentis boulangers afin de maintenir le savoir-faire français et la qualité.

En parlant de qualité, cet entrepreneur a aussi évoqué les problématiques d’importation des produits, du choix des fournisseurs ou encore de la méthode de livraison.
Les matières premières de bonne qualité, comme la farine, sont directement importées de la Thaïlande ou du Vietnam qui sont des pays limitrophes. En ce qui concerne le blé, Cédric passe par des gros distributeurs Thaïlandais qui importent de France ou d’Australie.  
Afin de trouver les distributeurs adéquates, il nous conseille de passer du temps dans des salons de l’alimentation en France ou en Asie.

En plus des matières premières, il importe des produits français en passant par le groupe Carrefour. Cette partie est intéressante car nous avons une vision plus précise concernant les étapes de l’importation de produits. Il faut savoir que le Laos a une situation géographique favorable car située entre la Chine et la Thaïlande (deux géants de l’importation en Asie).

Le nombre conséquent de transporteur est donc un point positif mais il faut cependant bien se renseigner au préalable sur les personnes avec lesquels on souhaite travailler. On peut faire le choix de sous-traiter la globalité de la logistique à une société précise, par exemple « Bolloré Logistique », mais la facture sera nettement supérieure.

Cédric a fait le choix de travailler avec les différents intermédiaires. De ce fait, il a trois intermédiaires (pour la douane, le dédouanement et le transit) dans trois pays différents (France, Thaïlande et Laos). En plus de ces intermédiaires, il sous-traite des agents en France situés au port du Havre qui remplissent son container. Les produits mettent généralement deux mois à arriver et transitent généralement par Singapour, Kuala Lumpur ou Shanghai avant d’arriver par camion au Laos.

Pour conclure, il faut savoir que les entrepreneurs ne viennent pas au Laos pour gagner plus d’argent mais pour avoir un style de vie différent.

 

Fabien Moulin

© 2019 by Asiankeys 

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