Louis Faure

C’est une rencontre très particulière que vous avons faite au crépuscule dans le quartier de Quezon City, à Manille. Très particulière car très inspirante : en effet, Louis Faure fait partie de cette génération qui souhaite faire bouger les choses.
Ce jeune parisien a débuté sa carrière professionnelle de façon brillante. Après plusieurs stages dans le domaine de commerce, il décide de s’orienter vers une classe préparatoire. Le voilà donc 2 ans après, sur les bancs de la plus prestigieuse école de commerce : HEC Paris. Après des stages à Londres et à Shanghai, Louis a toutes les cartes en main pour devenir un grand cadre dans une grosse entreprise. Cependant, il trouve ce monde pas assez challengeant, et peine à trouver sa voie. Pour répondre à ses questions, il décide de prendre son sac à dos et de faire un roadtrip en Asie du Sud Est, totalement coupé du monde : il ne prendra pas son téléphone et s’éloignera des sentiers touristiques.
En rentrant, il réalise qu’il n’a pas envie de faire partie d’un monde formaté, et garde en lui cette envie d’être challengé, et d’apprendre des choses autre que ces cours d’école de commerce. C’est alors qu’il décide en 2014 de s’envoler pour les Philippines, afin d’intégrer l’ONG Gawad Kalinga. Sa « claque », il la prendra avec des fermiers, qui lui montrent une autre façon de voir le monde. Ici, l’important n’est pas d’arriver à l’heure ou de bien faire ses taches. L’important, c’est l’humain, de conserver de bonnes relations et d’apprendre l’un de l’autre.
Louis s’est donc lancé dans le marché de poulet, car il voulait aider l’association à gagner de l’argent avec ce type d’élevage. Après avoir commencé son entreprise sociale en faisant des prévisions comme il l’avait appris à HEC, il a vite compris qu’aux Philippines, cela ne lui servirait à rien. Louis commencera donc par s’occuper des poulets, mais finira par s’occuper des personnes. L’humain est par-dessus tout une chose primordiale pour lui.
5 ans plus tard et après un grand succès à la fois humain et financier (on rappelle qu’une entreprise sociale réinvestit tous ses bénéfices dans l’embauche de nouveaux employés), il décide de quitter Gawad Kalinga. Cette expérience l’a aidé à comprendre deux visions différentes du monde : celle basée sur le profit qui se trouve en Europe, et celle qui se base sur le bonheur, en Asie du Sud Est. Louis Faure veut donc se servir de cela pour freiner le fléau de l’humanité, qui est la sur-consommation.
Il se lance donc sur deux gros chantiers : le premier, en aidant les agriculteurs à se réapproprier le savoir et à penser par eux-mêmes. Il se rendra au Togo par deux fois pour donner des méthodologies d’agriculture dans des fermes. Seule différence avec une méthode classique d’apprentissage, Louis énoncera les problèmes mais ne donnera jamais la solution, pour inciter les fermiers à penser par eux-mêmes. Le deuxième consiste à développer une thèse pour aider les jeunes entrepreneurs philippins à se lancer dans le business. En effet, il a constaté que plus de 8 étudiants philippins sur 10 qui font un master en entrepreneuriat ne créent pas d’entreprise. Il cherche donc à comprendre et à pousser ces personnes à se lancer dans un business, avec l’aide des grandes universités locales.

Vous l’aurez compris, Louis Faure est donc une personnalité qui va contribuer à faire bouger les choses sur la planète. En parallèle de ses activités, il conserve un lien très fort avec HEC. Il collabore notamment beaucoup avec le directeur et lui témoigne, de par ses expériences, sa façon de voir les choses. Grâce à cela, HEC travaille sur la création d’un Master en entrepreneuriat social, et veut axer le programme pédagogique sur le bonheur au travail et le fait d’apprendre des choses qui sortent parfois d’un cadre « classique ».


 

Sami Frobert

© 2019 by Asiankeys 

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