Maison Marou Saïgon

Secteur

Chocolat

Création de l'entreprise

2011

Siège social

Ho-Chi-Minh-Ville

Nombre de fermes

300

Nombre de salariés

70

C’est à Ho Chi Minh City, dans l’un des deux nouveaux salons (l’autre est à Saigon) que nous réalisons cette interview chez Marou Chocolat. Elu meilleur chocolat du monde par le New York Times en 2016, Marou a été fondé par deux Français qui travaillaient dans le secteur du cinéma et de la banque (Samuel Marouta et Vincent Mourou). Ils se sont lancés il y a un peu plus de sept ans dans la fabrication du chocolat au Vietnam, un pays qui n’en fabriquait pas, car ils cherchaient une autre expérience de vie ayant du sens.

 

Dans ce salon nous avons rencontré Capucine Bonnant (Global Sales Manager) qui travaille ici depuis bientôt deux ans et Vincent Mourou qui est l’un des deux fondateurs. Cette idée de faire du chocolat au Vietnam est originale mais justifiée par la forte présence de cacao au sud du pays. Ce cacao était très peu exploité et mis en valeur, il représentait donc une opportunité. D’autant plus que l’Etat subventionne son exploitation, même si l’aide est nettement supérieur pour la production de poivre et l’huile de palme.

 

Aujourd’hui Marou Chocolat compte plus de 70 salariés et continue de se développer de façon exponentielle. Son organisation est simple, une usine au Nord d’Ho Chi Minh centralise la production d’une vingtaine de fermes qui elles même centralisent la production d’environ 300 fermes. Ces 20 fermes sont tenues par des fermiers « fermenteurs » et sont visitées chaque jour ce qui développe une relation de proximité. Le principe de se déplacer et de se rendre dans chaque province, pour visiter chacune de ces 20 fermes est décisif dans la réussite et le goût unique de ce chocolat. Marou Chocolat fabrique donc son chocolat à partir de la fève jusqu’à la tablette ce qui est très rare pour un chocolatier. Ceci lui permet de contrôler la qualité et de maitriser à 100% son produit. En payant ses fermiers deux fois plus que le cours du marché, ce leader du chocolat peut imposer des critères en qualité et quantité mais assure aussi une motivation chez ses fermiers et assure donc une quantité minimum produite. Toujours dans une logique de développement, la Maison Marou a récemment ouvert deux boutiques dans les deux plus grandes villes du pays (HCMC et Saigon). Ces boutiques permettent d’accroitre le chiffre d’affaire et la visibilité, grâce à leur statut de showroom et de salon. 

 

Durant cette interview, Capucine et Vincent nous ont donné d’autres conseils et facteurs clés de succès important pour réussir ici. Pour eux, quand on lance un business au Vietnam, il ne faut pas être pressé, il ne faut pas se mettre une dead line précise et dépendre de celle-ci pour avoir un retour. C’est en parti pour cela que pour la création de Marou Chocolat, l’investissement a été fait étape par étape sans prise de risque pour éviter de se mettre en danger si le retour sur investissement n’était pas immédiat. Toujours au sujet de l’investissement, Vincent a insisté sur l’importance de la sélection des investisseurs. Il faut que ces derniers partagent les mêmes valeurs et soient sur la même longueur d’onde ce qui fera d’eux non pas de simples investisseurs mais des associés. De plus, le turnover au Vietnam est très important, c’est pour cela qu’ils conseillent de bien payer les salariés afin de les conserver et d’attribuer certains avantages comme les 13èmemois qui était auparavant obligatoire. Le Vietnam est en pleine évolution et a notamment Bangkok comme modèle, le potentiel et les opportunités se font nombreuses. Une vague de jeunes femmes entre 25 et 35 ans déterminée et ambitieuse est en train d’émerger et de booster l’activité. Pour finir sur les conseils, il faut connaître l’histoire de ce pays. Il est primordiale de comprendre les différences entre le Nord qui est plus hiérarchique et le Sud plus friendly. 

Jean Vellutini

© 2019 by Asiankeys 

This site was designed with the
.com
website builder. Create your website today.
Start Now